Étiquette : livre

  • Finsternis

    Art&Fiction 2023

    Sous-titré «carnet de lecture», le recueil de textes de Louis Loup Collet peut se lire en réalité comme le roman d’apprentissage d’un jeune homme de 28 ans dont l’initiation et l’amour – absolu – de la lecture a débuté à l’âge de six ans.

    En une centaine de pages, l’auteur nous confie le bréviaire de ses rencontres littéraires, artistiques et philosophiques: première lecture du roman Anna Karénine contrariée par un préfacier sans scrupule, art de l’inutile tel que décliné par Gaston Lagaffe ou par les BLP de l’artiste conceptuel Richard Artschwager, hit-parade des chansons envoyées par la NASA à ses robots pour les réveiller chaque matin, découverte des mots-poèmes à l’instar de celui qui compose le titre de son recueil, pour ne donner que quelques exemples. La force des textes de Louis Loup Collet réside dans sa manière de rendre intelligibles en quatre pages à peine des réflexions qui peuvent parfois paraître frivoles (que fait le chien Top quand il disparaît pendant des chapitres entiers dans L’Île mystérieuse de Jules Verne?) ou infiniment plus profondes (le concept de fini défini par le non-fini du peintre Roman Opalka).

    Les onze chapitres de Finsternis déploient subtilement la constellation personnelle d’un artiste dont les étoiles palpitent et se répondent pour éclairer le ciel jamais ennuyeux de la découverte de soi à travers les constructions mentales des autres mais aussi pour comprendre une des réalités culturelles les plus mystérieuses et les plus difficiles à analyser: l’extraordinaire plaisir de lire.Cette compilation exquise présente un éventail diversifié de photographies qui capturent l’essence de différentes époques et cultures, reflétant les styles et perspectives uniques de chaque artiste. L’imagerie évocatrice de Fleckenstein, l’approche moderniste novatrice de Strand et la documentation méticuleuse de la vie japonaise par Kōno s’entrelacent dans un mélange harmonieux qui célèbre l’art de la photographie. Chaque image du livre « Histoires » est accompagnée de commentaires éclairants, fournissant un contexte historique et révélant les récits derrière les photographies. Cette collection est non seulement un festin visuel, mais aussi un hommage au pouvoir de la photographie pour préserver et narrer les expériences multiformes de l’humanité. (texte tiré du site Art&Fiction)

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    Lire Finsternis

  • Tacet

    Livres d’artiste

    Tacet, c’est une dodécalogie commencée en 2015 et qui se poursuit encore aujourd’hui. Le travail suit un protocole simple : arracher sans laisser de trace les pages blanches présentes dans les livres de seconde main. Chaque fois que 200 pages ont été collectées, elles sont montées sur onglet puis cousues ensemble en un livre blanc. Sur la couverture toilée blanche est pressé à chaud le titre TACET suivi du numéro du volume (Les photographies montrent l’exemplaire 0, hors commerce, sans numérotation). Ces livres sans mots ne sont pas des livres muets, encore moins des livres vides. Ainsi assemblées, chaque page révèle son vécu, dévoile un peu la personne qui l’a lu, le soin qui a été apporté à l’ouvrage. Il devient alors évident qu’une page blanche ne saurait être neutre et qu’à la façon du silence, toutes sont chargées d’énergies et de couleurs différentes.

  • Le monde lectol

    Un livre à explorer

    Depuis Piero della Francesca et Brueghel l’Ancien, Sant’Elia et Le Corbusier jusqu’à Metropolis et Blade Runner, la bd, Schuiten et Peeters, les peintres, dessinateurs et autres architectes visionnaires n’ont cessé d’imaginer des cités utopiques et dystopiques qui dépassent les réalités sociétale, anthropologique et architecturale de la condition humaine (si ce n’est le manhattanisme qui, partiellement, les réalise).

    Les artistes, régulièrement, s’emparent de ces territoires de l’imaginaire et livrent leur version du rêve, ou du cauchemar, d’une société réglée. Louis Loup Collet, plus jeune que Platon et les illustres prédécesseurs de la perfection idéale, propose, avec Le monde Lectol, sa version de l’utopie.

    Le monde lectol, ce sont des dessins de l’ère biobotique. Par biobotique, on entend l’aptitude de l’être humain à créer à son idée des organismes inexistants dans la nature. Avec Le monde Lectol, Louis Loup Collet crée un monde cohérent. Au regard s’offre un monde bizarre, peuplé d’êtres humains dotés d’un don divin qui leur permet de contrôler ce monde. Pourtant, ce monde, précisément parce qu’il n’est que fragments, livre les métonymies d’un monde parfait et harmonieux, paradoxal en ce qu’il est prospectif et nostalgique.

    Il y a quelque chose du Codex Seraphinianus de Serafini dans Le monde Lectol. Le langage qui y est pratiqué ainsi que la symbiose entre machines et organismes nous échappent. Demeurent l’incroyable beauté, des gigantesques tableaux à la plume, qui représentent des architectures puis, progressivement, des paysages, somptueux et éternels, remplis de vides pleins. (Stéphane Bovon)

    Postfacé par Marc Atallah, ancien directeur de la Maison d’Ailleurs.

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